LA CONCILIATION par AGATHE BOULANGER & GRÉGOIRE DEVIDAL LA CONCILIATION par AGATHE BOULANGER & GRÉGOIRE DEVIDAL

  • Art en aquitaine

    LA CONCILIATION

        Le jeu. 24 mars 2016

        Événement le jeu. 24 mars 2016 - 19h00 Importer dans mon calendrier



    Exposition LA CONCILIATION

    Présentation


    Exhibition Agathe Boulanger & Grégoire Devidal: La Conciliation



    Pour sa prochaine exposition, "Silicone" a le plaisir de recevoir les artistes-chercheurs Agathe Boulanger & Grégoire Devidal.



    "La recherche et ses rapports libidinaux voire narcissiques
    Ou Les nouvelles formes du Syndrome de Stendhal"

    Agathe Boulanger et Grégoire Devidal ont développé au cours des derniers mois une émotion intense envers deux oeuvres au sens large : celle de Hervé Guibert et celle de Marguerite Duras.
    Certains signes comportementaux qu'ils décrivent pourraient faire penser à une nouvelle forme de Syndrome de Stendhal propre aux artistes-chercheurs :

    Attention disproportionnée à l'égard de leur recherche.

    Sentiment d'être investis d'une mission consistant à être les médiateurs d'une conciliation post-mortem entre Duras et Guibert.

    Rapports libidinaux clairement déviants avec des personnages de fiction, qu'ils considèrent comme des " compagnons de leur quotidien ".

    Méthodologie parfois détachée de toute logique, de tout raisonnement.

    Identification de ressemblances frappantes entre Hervé Guibert et les pensionnaires masculins de la Villa d'aujourd'hui.

    Subjectivité et sensibilité débordante, qui imprègne tout. Qui déteint.

    Empathie démesurée : veulent voir les mêmes océans, les mêmes vues, toucher les mêmes arbres que HG et MD.

    Tendance au fétichisme et à l'adoration : Éprouvent un besoin compulsif d'accéder à la matérialité du travail et de la vie de HG et MD.
    À noter : Touchent et regardent pendant des heures le papier sur lequel ils ont écrit ; frottent leur cou contre les fiches de bibliothèque portant le nom de HG ; caressent et s'allongent près du mémorial de HG ; conservent les cartons de vernissages de HG ; photocopient en 50 exemplaires les autorisations des ayant-droits.

    Risque de mysticisme : Dispersent de la sauge à l'entrée de leur appartement pour éloigner les ondes négatives et apaiser les esprits.

    Tentative de corruption pour l'obtenir des informations : Offrent des fleurs à Agathe Gaillard et à Evelyne Rollet.

    Altération de l'État Général au moment de serrer la main de Christine Guibert : palpitations, anxiété, indécision, regard vaporeux.

    Altération de la perception de la valeur des choses : Se prennent en photo devant le carton " réservé aux chercheurs " sur la table de la cantine de l'IMEC.

    Altération de la perception des réalités financières. Font des dépenses inconsidérées pour se déplacer sur les lieux de dévotion.

    Altération de la perception des priorités : Se déplacent sur des lieux qui ne leur transmettent que très peu d'informations, mais qui seront vecteurs d'émotions. À noter : ont postulé à la villa Médicis pour voir une table, sur laquelle HG s'est fait prendre en photo en 1987.

    Relations épistolaires unilatérales et enflammées avec l'entourage de MD et HG.

    Besoin impérieux d'inventer des preuves là où elles n'existent pas.

    Nécessité de mesurer les choses.
    À noter : Jusqu'ici, le matériel de mesure est inventé : le mémorial de HG à l'île d'Elbe est carré. Il fait deux téléphones portables Sony; les fiches de la bibliothèque font 4/5 de la hauteur du livre "Les aveugles" de HG, et 4/5 de la largueur du même livre.

    Constitution de leurs propres archives pour cette recherche, comme si elle était d'une importance capitale pour les années à venir.
    À noter : La matérialité des archives de A. est très durassienne : Accumule des notes en vrac, sur des supports divers, utilise du scotch, et des stylos différents, la lisibilité n'est pas toujours évidente.
    Les archives de G. sont clairement guibertiennes : les pages et cahiers sont de même format. L'écriture très lisible et soignée, utilise un seul stylo, éventuellement un deuxième mais très rarement.

    Usurpation du style d'écriture des auteurs HG et MD.
    À noter : A. utilise de manière excessive les " Il dit que... Elle dit que.... ", ainsi que des références à la mer (qui déborde et recouvre tout), ou à la tête pleine de vent. Évoque inlassablement l'impossibilité " de dire " et d'aimer.
    G. écrit d'une manière plus frontale, immédiate, sexuelle, tient un journal. Ecriture évoquant également celle de Dustan (lui-même ouvertement "héritier" de Guibert).
    Malgré ces choix d'écriture, leurs procédés restent poreux. Ils se contaminent réciproquement. Leur écriture est perméable, tantôt durassienne, tantôt guibertienne. Le style qui leur est propre est quand à lui bien effacé.

    Dimension à la fois contemplative et peu productive de leur travail.
    À noter : filment l'orage et la pluie depuis la fenêtre de leur appartement à la villa ; s'habillent avec la couleur préférée d'Hervé Guibert : le bleu.
    G. porte souvent la jupe longue bleue de A. avec un tee shirt NIVÉA de la même couleur sur lequel il est écrit : " Prepared to be kissed " d'un côté, et " Kiss and be kissed " de l'autre.

    Ambivalence à l'égard du besoin de reconnaissance de leur travail.
    À noter : Organisent des conférences dans leur chambre d'hôtel, leur résidence, ou leur appartement, où personne n'est convié. Les conférences sont enregistrées et filmées, mais ils ne les diffusent pas.
    Pointent un laser vert sur leurs documents en permanence, à leur domicile, comme s'ils donnaient un cours magistral. Sans auditoire.

    Sentimentalisme exacerbé.
    G. dit souvent qu'il a les larmes aux yeux, qu'il se sent mal, qu'il va mourir.
    A. retranscrit ses émotions par des écrits chargés d'affect voire de lyrisme. A écrit une lettre de deux pages à Mathieu Lindon, ne lui posant aucune question concernant le sujet de recherche, mais a signifé, en parlant des femmes qui entourent leur bande (épouse, nièce, amies) qu'elle souhaitait " se rallier à ces gardiennes de temple, ces célestes d'aujourd'hui ".
    Mathieu Lindon a répondu : Je vous remercie de votre mail qui me touche évidemment. Je ne sais pas trop quoi vous dire, mais sûrement vous saurez. Mathieu ".
    A. a relu le mail pendant plusieurs jours. Se levait la nuit pour le regarder. L'a imprimé, plastifé, répertorié, transféré par mail à Grégoire pour qu'il ne soit pas perdu si un jour ses documents étaient brûlés.

    À prendre en considération : Pas la moindre frustration à signaler de leur part face au peu de réponses qu'ils reçoivent.

    Il semblerait qu'au delà des rapports libidinaux, narcissiques, ou émotifs que A. et G. entretiennent avec HG et MD, les deux artistes-chercheurs aient trouvé leurs frères de mélancolie.

    Texte écrit suite à la rencontre avec Julie Cheminaud,
    pensionnaire de la Villa Médicis, docteure en philosophie de l'art, spécialiste du syndrome de Stendhal.


    Adresse :


    Silicone
    33 rue Leyteire
    33000 - Bordeaux
    Site internet
    Tags: - photo


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