HAUT LE COEUR par Ludovic Beillard et Simon Rayssac HAUT LE COEUR par Ludovic Beillard et Simon Rayssac

  • Art en aquitaine

    HAUT LE COEUR

        Du lun. 05 décembre 2016 au mar. 20 décembre 2016

        Vernissage le jeu. 08 décembre 2016 - 19h00 Importer dans mon calendrier



    Exposition HAUT LE COEUR

    Présentation


    HAUT LE COEUR
    Ludovic Beillard et Simon Rayssac
    Exposition du 05 décembre au 20 décembre 2016
    Vernissage jeudi 08 décembre 2016 à 19h
    Escalier B



    " Je suis fort laid.

    Je reste enfermé chez moi le plus que possible pour pas voir ces regards horribles qu'on me lance quand on croise mon chemin. Les jolies filles que je n'oserais même pas me taper en fantasme sont profondément dégoûtées, parfois même prises d'une certaine forme de pitié. Tout va bien. Les pires sont ces mecs qui eux aussi sont laids, mais juste un peu moins que moi. Ils me jugent eux-aussi, comme s'ils s'étaient jamais vus dans un miroir. C'est précisément ça qui me met hors de moi. Que les canons de beauté me regardent en biais, c'est OK, on va pas se mentir. Mais les autres, les laiderons inavoués, je les emmerde.

    Dehors, il n'y a pas grand-chose à faire, surtout depuis que la neige a commencé à tomber. Je pourrais la faire fondre rien qu'en crachant dessus. Je reste assis à côté de la radio, qui grésille des émissions que j'ai du mal à suivre tant il y a de mots qui s'enchaînent. Même s'il ne m'évoque pas grand-chose, j'aime le bruit des mots. Il m'apaise beaucoup plus que ces murmures que j'entends en permanence, et qui m'épuisent chaque jour un peu plus. Doucement.

    Ces murmures, ce sont ceux des gens que je croise, et dont la banalité me rappelle à ma laideur. Moi je
    les croise, mais eux me suivent. Leur visage flotte autour de moi en chantant des airs inaudibles. Ils n'ont pas besoin de mots, seulement de passer sous mon regard, comme pour m'inviter à les rejoindre et ainsi à renier ma vie pour fuir dans la facilité. Mais si ma mère m'a gratifié de ce visage qui m'insupporte, je ne peux me résoudre à m'en détacher et à balayer d'un coup de tête la dernière chose qu'il reste de sa mémoire. Je le porte comme un fardeau, jour après jour... Mais MES NUITS. Elles ne
    ressemblent PLUS à RIEN, HANTÉES par ces visages qui me supplient de les porter, et qui lorsque je refuse me font passer POUR UN MONSTRE, alors que je suis seulement laid.

    Je ne dors plus, et il n'est que quinze heures. Alors je vais coller mon visage à la fenêtre, et je les entends TOUJOURS, ET QU'EST-CE QUE JE VOIS ?

    DE LONGS BARREAUX ROSES PERPENDICULAIRES QUI S'INTERPOSENT ENTRE MOI ET LE BORDEL CHAOTIQUE QUE SONT CES TÂCHES HASARDEUSES. ET QUAND ENFIN
    ELLES PRENNENT SENS ELLES RESTENT QUAND MÊME INTERDITES. DU MOINS C'EST LA PREMIÈRE IMPRESSION QU'ON A ? AVANT D'ÉCARTER SON VISAGE DE LA PEINTURE POUR SE RENDRE COMPTE QU'ALORS QU'ON LES CROYAIT ENFERMÉES PAR DES CARRÉS, ELLES NE SONT PEUT ETRE QUE DE L'AUTRE CÔTÉ, LIBRES, JUSTEMENT. SE POSE ALORS LA QUESTION DE SAVOIR QUI EST ENFERMÉ AU JUSTE, ET
    À LA MANIÈRE D'UN STÉRÉOGRAMME, CETTE QUESTION TROUVE SA RÉPONSE DANS LE LENT MOUVEMENT QUI ÉLOIGNE L'OEIL DU TABLEAU.

    Je me suis éloigné de la fenêtre, je ne voulais pas voir autre chose que la tempête qui légitimait ma vierecluse. J'ai levé les yeux au plafond. TOUJOURS CES PUTAINS DE BARREAUX, QUI
    MAINTENANT NE ME PRIVENT MÊME PLUS DE QUELQUE CHOSE MAIS ONT L'AIR D'ÊTRE SEULEMENT LA POUR M'ÉCRASER, M'ÉTOUFFER. ET JE FINIS PAR ME VOIR
    MOI-MEME AU PLAFOND, LE NEZ COLLÉ SUR CES BARREAUX ? J'AI L'AIR D'AVOIR ENFIN TROUVÉ LE SOMMEIL. TANT MIEUX.

    Mais ce visage qui est le mien et qui fond en crachant sur ma tête.

    MURMURE lui aussi dans son sommeil (est-ce que vous entendez aussi ?).

    Je fonce sur mon lit et j'écrase ma tête dans l'oreiller. Si profondément dans l'oreiller que j'y ai du mal à respirer. Je souhaite m'endormir de cette façon, et ne plus bouger. Si profondément dans l'oreiller que mon visage épouse la forme de ce qui se cachait dedans. Si bien qu'il finit par s'y faire oublier.

    Surtout, je souhaite ne plus entendre celui qui coule du plafond. Plus jamais. Mais je l'entends très
    bien, il est en train de demander pardon à ma maman. "


    Texte: Hector Latrille
    Curators: Charlie Devier et Grégoire Chamineaud

    Informations complémentaires :

    Escalier B
    1 Rue des Étables
    33800 Bordeaux

    En savoir plus


    Adresse :


    Escalier B
    1, rue des Étables
    33800 - Bordeaux
    Site internet
    Tags: - peinture


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